A partir
de septembre 2005, suite aux difficultés pour poursuivre son projet éolien
coopératif et pédagogique sur les sites de Sainte-Anne sur Vilaine et Sainte
Marie de Redon*
(35), EPV a effectué un repérage des autres zones potentiellement intéressantes
pour ériger des éoliennes dans le Pays de Redon et territoires limitrophes. Une
dizaine de sites ont été prospectés avec l’objectif d’identifier leurs
contraintes environnementales, géographiques et techniques (examen des
ressources en vent, possibilités de raccordements, espaces disponibles, etc.).
Le recensement de l’ensemble des sites potentiels
d’implantation d’éoliennes a été mené en s’appuyant sur les critères suivant :
1) Identification de secteurs éloignés des bâtiments.
2) Potentiel éolien et la prise en compte du relief
local (élimination des secteurs encaissés, effet de contre-colline).
3) Identification des moyens de raccordement au réseau
et des capacités de celui-ci à transporter l’électricité (postes sources).
4) Elimination des milieux emblématiques
(exemple : les marais de Vilaine).
5) Prise en compte de l’aspect de constructibilité du
parc (accessibilité,…)
6) Identification des projets en
cours : prévention de l’effet de mitage.
7) Identification des zones déjà retenues par un promoteur éolien.
8) Soutien des élus.
Pour chaque zone prospectée EPV a précisé les
sites en deux catégories :
Les sites
les plus favorables envisageables court terme :
·
Sévérac / Guenrouët.
·
Béganne / Saint-Gorgon / Allaire.
La suite du travail a consisté à évaluer plus en précision
la faisabilité des sites retenus dont le site se situant aux confins des
communes de Béganne/St Gorgon/Allaire : selon la méthodologie décrite ci-après :
·
Prise de contact avec les élus du
territoire (Communes et Communautés de communes directement concernées,
Conseils Généraux et Régionaux).
·
Consultation des services de l
’État pour définir les enjeux et premiers avis sur les sites pressentis dont la
visite des paysagistes conseil mandatés par l’Etat, aviation civile et
militaire, Direction Régionale de l’Environnement,…) et consultation du schéma
éolien du Morbihan (zones de contraintes,…). (voir document
ci-contre).
·
Réunions publiques pour la
population locale, expositions, …
·
Contact avec les propriétaires
fonciers.
La deuxième phase qui a débuté au cours de l’année 2006 a
consisté à étudier avec précision le site de Béganne/St Gorgon pour obtenir
l’étude d’impact complète d’un projet éolien sur ce territoire.
Des cabinets spécialisés (voir détail des prestataires techniques au
début du document) ont été mandatés pour étudier en détail le projet. Ils ont
effectué des études portant sur les thématiques suivantes : paysage,
acoustique, flore, faune (oiseaux et chauves-souris), analyse le vent pour
apprécier au plus juste le potentiel éolien du site (un mât de 70 mètres de
haut mesure le vent depuis janvier 2007 décembre 2006 sur
le site). Ce dernier point reste un élément fondamental dans le choix du site
d’implantation et le gabarit des éoliennes (hauteur d’axe et diamètre).
Le département du Morbihan de la Loire
Atlantique fait partie des départements français intéressants d’un
point de vue du potentiel éolien, les vents y étant fréquents et réguliers.
L’atlas éolien régional de Bretagne édité en février 2006des Pays de
la Loire
indique que le secteur retenu dans le cadre de l’étude bénéficie de conditions
favorables au développement de projets éoliens, puisque le la vitesse
moyenne du vent y est comprise entre 5,2 et 6,0 m/s à 60 m d’altitude, avec un
potentiel éolien compris entre 200 et 250 W/m2 à 60 mètres
de hauteur. Localement les mesures effectuées à l’aide du mât de mesure ont
permis d’affiner ces estimations. Le bureau d’études ETD, spécialiste éolien, a
analysé les enregistrements. Une analyse des corrélations avec les stations
Météo-France les plus stables présentant la meilleure qualité de corrélation autour de la zone
d’étude (La Noë Blanche, Rennes Saint-Jacques, Laval, Beaucouze, Dinard,
Lorient LB, P. Chemoulin) a permis d’estimer avec une bonne précision le régime
des vents pour les années à venir. Ainsi, il apparaît que la vitesse moyenne du vent mesuré et corrélé
sur 10 ans ( à partir des stations météo France
voisine du site et stable) convergent vers : 6 m/s à 70 m. Le vent moyen
long terme serait de 6,52 m/s à 80 m et
proche de 76,5 m/s à 100 m. La régularité du régime de vent ainsi que son intensité font du secteur
d’étude un lieu particulièrement adapté à la transformation de l’énergie
éolienne en électricité. L’implantation d’éoliennes sur une crête permet
également de bénéficier des effets d’accélération des vents d’autant plus que
la crête de Béganne est très ouverte sur les vents dominant (Sud - Ouest).
D’autres paramètres ont également été pris en compte (sécurité, raccordement
électrique, impact énergétique, impact socio-économique, ombres portées,…).
Toutes ces études étaient indispensables pour choisir la meilleure
configuration du parc éolien et réduire leur impact sur l’environnement naturel
et humain Le positionnement, le nombre d’éoliennes, les écarts entre éoliennes
et leurs hauteurs ont été choisis en fonction des conclusions de ces études.
Le travail des prestataires techniques, de
l’association Eoliennes en Pays de Vilaine et de la Sarl Site à Watts a été
effectué en totale transparence et concertation avec la population, les élus et
les services de l’état.
La visite du paysagiste-conseil de la Direction Départementale
de l’Equipement du Morbihan (Mme Claire) a eu lieu en amont du lancement des
études approfondies, afin d’obtenir son point de vue sur le secteur
d’implantation et d’entendre ses préconisations pour l’étude paysagère à mener.
Cette visite date du 20 juillet 2006.
La mise au point du schéma d’implantation des éoliennes
applique une méthodologie visant à obtenir une implantation des éoliennes
respectant l’ensemble des servitudes et contraintes relevées en phase
diagnostic. Elle répond de manière optimale à l’ensemble des enjeux
environnementaux mis en évidence également en phase diagnostic (paysagers mais
également faunistiques, floristiques et acoustiques).
Les différentes étapes sont les suivantes j k l m n o :
j Cartographie du recul de 500 mètres des
habitations riveraines du site éolien (contrainte acoustique théorique) :
il s’agit du recul minimum que s’est imposé le porteur de projet dès le début
du projet.
k Cartographie de l’ensemble des
servitudes et contraintes relevées sur le site éolien (espaces boisés
classés ou à préserver, zones ND, recul de la RD 137, passage d’une ligne HT).
l Prise en compte des fortes
sensibilités écologiques mises en évidence par les spécialistes lors de
l’évaluation de l’état initial : d’un point de vue faunistique, l’ensemble du
site éolien présente des enjeux majeurs ou forts, d’un point de vue floristique,
des sous-secteurs
L’ensemble de ces contraintes et enjeux limite fortement les
potentialités de scénarios paysagers d’implantation des éoliennes.
m Prise en compte des
recommandations paysagères pour l’insertion des éoliennes dans le paysage
immédiat à lointain (alignement régulier d’éoliennes, orienté est / ouest à
nord-ouest / sud-est, implantation du nombre maximal de machines possible soit
4) : les dimensions du site éolien couplées à l’ensemble des enjeux écologiques
génèrent trois scénarios paysagers possibles.
n Choix du scénario paysager :
le scénario A a d’abord été écarté suite à l’étude acoustique, en phase
d’optimisation (voir étude
acoustique et face page92 de ce présent document) :
l’éolienne A1 est trop proche des habitations au nord. Elle devrait être décalée
de 200 mètres vers le sud. De plus, l’implantation de 3 éoliennes au lieu de 4
diminuerait la production énergétique et remettrait en question la viabilité du
projet. Le scénario B comprenant 3 éoliennes, a donc également été
écarté. Ainsi, le scénario retenu est l’alignement régulier de 4 éoliennes
c’est-à-dire le schéma optimal d’un point de vue paysager ( : scénario
C).
La position de l’éolienne C2 dans
la lande mésophile, elle-même inscrite dans un espace boisé classé a fait
l’objet d’une réunion de concertation. Elle s’est déroulée le 6
septembre 2007 sur le site éolien de Béganne.
Différents
acteurs ont été associés à la réflexion : DDAF 56, DIREN Bretagne, DDE, élus
locaux
(communes, communauté de commune et CG56), membres du projetl’association
«Essaimons les arbres» du Pays de Redon’Allaire, le
bureau d’études Ouest-Aménagement, le Conservatoire National des Arbres
Sauvages de Guémené-Penfao, le CPIE Val de Vilaine, l’association Eoliennes en
Pays de Vilaine (voir annexe 5 : fiche de présence).
Cette
concertation a permis de valider le choix d’implanter l’éolienne C2 au sein
de la lande mésophile et celui de déclasser, partiellement, l’espace boisé
classé.
Avant de valider définitivement
l’implantation de C2, le porteur de projet a recherché des mesures
compensatoires en concertation avec les partenaires techniques du projet
éolien, les adhérents de l’association Eoliennes en Pays de Vilaine, avec
d’autres associations locales (dont les membres
du projet « Essaimons les arbres » ou
« Forest Clim » du Pays de Redon) et d’autres
spécialistes concernés par cette problématique.
Concernant la sensibilité
chiroptérologique du site éolien, une recherche a été également menée pour
adapter les caractéristiques du parc éolien et notamment son fonctionnement. Le
porteur de projet a présenté les résultats de ces recherches lors d’une
réunion à la DIREN le 20 février 2008. (il faudra que les éléments présentés soient bien en
cohérence avec les mesures d’accompagnement ou compensatoires)
Ce travail a abouti à l’élaboration
de mesures compensatoires présentées dans le chapitre des mesures de l’étude
d’impact
(voir § 5).
Le déclassement de l’espace boisé
classé dans lequel s’insère C2 et ceux survolés par C3 et C4 nécessite une
révision simplifiée du Plan d’Occupation des Sols de Béganne (voir
paragraphe Urbanisme § 4.3.3.). Une délibération du
conseil municipal de la commune de Béganne a été prise à ce titre le 29
novembre 2007.
o A partir du scénario paysager
retenu, ajustement du positionnement de chacune des éoliennes afin de limiter
au maximum les impacts en terme de consommation d’espace (voies d’accès et
plateforme de montage) et de survol des espaces boisés classés
et respecter une distance entre éoliennes de minimum de 3,5 fois le diamètre du
rotor soit environ 320m (voir remarque P45 et 87).
Le schéma d’implantation final (voir ci-dessous) est un alignement de 4 éoliennes. La
position précise de chacune des éoliennes optimise l’ensemble des enjeux
environnementaux relevés en phase diagnostic.